Le parc national des Cévennes, sa situation, Les Cévennes et le Mont Lozère

Le Parc National des Cévennes

 

 

Can de l'Hospitalet © EICC

Can de l’Hospitalet © EICC

Qu'est-ce qu'un parc national?

 

C'est un territoire dont le patrimoine (écologique, paysager, culturel...) demande à être protégé de toute dégradation. La préservation du patrimoine naturel est assurée au sein de la zone centrale du parc, appelée "coeur", où les activités humaines sont strictement réglementées et surveillées. Une vaste zone périphérique, appelée "zone d'hadhésion", fait tampon avec le monde extérieur.
Le Parc National des Cévennes, dont le siège est à Florac, compte 52 communes et s'étend du Mont Lozère au Mont Aigoual et Lingas, les hautes Vallées des Gardons : Vallée Borgne, Vallée Longue et Vallée Française, le Mont du Bouges jusqu'au Causse Méjean : vaste plateau calcaire, dénudé et superbe.
91 000 ha, entièrement contrôlés : habitation, activités agricoles et forestières... Le Parc permet de conserver le patrimoine génétique, animal, végétal et architectural.
Les Vautours fauves, les Castors, cerfs, chevreuils ont été réintroduits par ses soins.
De tous les Parcs nationaux français, celui des Cévennes est le seul situé en moyenne montagne. Il abrite de ce fait une population permanente et un patrimoine culturel significatif.
Cette particularité lui donne une mission que n'ont pas nécessairement les autres parcs nationaux: rechercher les conditions d'un éco-développement durable, soucieux de la protection du patrimoine, respectueux des grans équilibres, et assurant la pérennité des activités agro-pastorales nécessaires au maintien de la biodiversité et des paysages.
C'est aujourdhui en Europe l'une des régions ayant connu le plus fort enrichissement biologique depuis 20 ans.
Donnez-vous des sensations !Respirez, touchez, goûtez, mais ne cueillez pas plantes et fleurs.
Observez, écoutez, guettez, mais ne perturbez pas la vie sauvage par des cris ou des poursuites folles de vos chiens.
Pas de camping sauvage, de feu, de détritus.
Cette nature préservée, vous en serez les premiers bénéficiaires.
Des montagnes, des forÍts et des steppes, des ruisseaux et l'espace des hommes : les hameaux, les terrasses, les jardins, les prés et pâturages où aujourd'hui encore la vie continue.

Au coeur d'un pays vivantL'étonnante diversité des paysages : Cévennes, Causses, Mont-Lozère c'est aussi la conséquence dutravail de générations d'éleveurs et d'agriculteurs. Pour que les prés restent des prés, que les landes ne se transforment pas en forêts et que les chemins restent pénétrables, il faut maintenir des activités agricoles et pastorales. C'est un des premiers soucis du Parc.
Au XIX ème siècle, une population dense occupait la majeure partie du territoire. Une grande partie de la grande faune avait été éliminée.
Aujourd'hui le renouveau des forêts et l'étendue des landes laissées en friches ont recréé un habitat favorable pour les sangliers, cerfs, chevreuils, mouflons.... Les vautours fauves ont retrouvé les gorges du Tarn et de la Jonte, et les castors, les eaux des rivières. Eux aussi font partie du patrimoine.
C'est avec l'aide du Parc National des Cévennes que l'initiative de sauvetage du cheval de Przewalski a pu prendre forme.
Dans un Parc National une autre relation doit se nouer avec la nature, faite de tolérance et de respect.

 

Bien campé entre Massif Central et Méditerranée, le Parc national des Cévennes est une destination touristique propice à l’évasion et à la découverte d’une nature particulièrement belle et préservée.

Créé le 2 septembre 1970, le Parc national des Cévennes a pour particularité d’être habité de manière permanente dans son cœur. Sa désignation par l’Unesco en tant que Réserve de biosphère en 1985 témoigne de son souci d’allier protection de l’environnement et développement économique et social.

Le Parc national s’étend sur les départements de la Lozère, du Gard et de l’Ardèche. Son siège est à Florac en Lozère. Le cœur compte 55 communes pour une surface de 93 500 hectares.

La biodiversité de ces terres de contraste est particulièrement riche. On dénombre 2 410 espèces animales – dont 45 % des vertébrés et les deux tiers des mammifères de France – parmi lesquelles 20 espèces de chiroptères. Le territoire abrite aussi des rapaces menacés : aigle royal, circaète Jean-le-Blanc, faucon pèlerin, grand duc… Les quatre espèces de vautour, fauve, moine, percnoptère et le gypaète barbu, y vivent grâce à des réintroductions ou des retours spontanés.
La flore est très diversifiée et ravit les amateurs d’orchidées ou encore d’adonis de printemps… De nombreuses plantes remarquables et endémiques fleurissent dans les tourbières et les pelouses du mont Lozère et de l'Aigoual ou sur les vastes étendues steppiques du Causse.

Adonis du Printemps © EICC

Adonis du Printemps © EICC

Séjourner dans le Parc national, c’est aussi faire le choix d’un tourisme de qualité, respectueux de l’environnement et des habitants. Afin de concilier accueil des visiteurs et protection de la nature et du patrimoine culturel, le Parc a signé la Charte européenne du tourisme durable dans les espaces protégé (CETD). Il est lui-même habilité à agréer les prestataires qui s’engagent dans la démarche de CETD. Il est secondé par l’association Cévennes Ecotourisme qui anime le réseau d’hébergeurs, restaurateurs, accompagnateurs de randonnées, gestionnaires de lieux de visites, engagés dans l’écotourisme. En collaboration avec le Parc, elle propose des formations sur la qualité des services, le respect de l’environnement, la connaissance du patrimoine naturel et bâti afin qu’ils puissent à leur tour mieux partager leur passion pour les Cévennes avec les visiteurs.

 

Plan du territoire

 

 

Ce Bien culturel, parmi les plus vastes inscrits, s’étend sur 3023 km2 et couvre administrativement quatre départements français : l’Aveyron, le Gard, l’Hérault et la Lozère et deux régions, à savoir Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

Il s’étend ainsi sur trois grands zones géographiques et géologiques différentes : les Causses et Gorges calcaires, les Cévennes schisteuses et les massifs granitiques du Mont-Aigoual et Mont-Lozère.

Cette diversité géologique et climatique a généré une architecture variée utilisant les reliefs et matériaux locaux et à obliger l’homme à trouver des réponses utilisant toute cette diversité pour y développer, du fond des vallées aux hauts plateaux, une activité agropastorale économe, ingénieuse et respectueuse des ressources de son territoire.

Depuis des millénaires, l’activité agropastorale sédentaire ou transhumante permet aux hommes de vivre sur ce territoire et de maintenir de vastes espaces ouverts utilisés pour le pâturage de troupeaux et les cultures, générant ainsi une très riche biodiversité.

Partout, l’homme a laissé son empreinte dans le paysage au travers d’un bâti disséminé dans de vastes paysages et qui reflète son activité, ses croyances et traditions.

 

 

 

Les Cévennes

 

Mas et Terrasses en Cévennes © EICC

Mas et Terrasses en Cévennes © EICC

Les Cévennes, c’est un pays de granit et de schiste situé en bordure méridionale du Massif Central et sur le versant méditerranéen, entre les sources de l’Ardèche et de l’Hérault. Nature belle et rebelle, farouche et généreuse tout à la fois dont le paysage rasé fût entièrement redessiné par la main de l’homme qui y créa bancels, faysses, terrasses aménagées pour la culture de la vigne, des mûriers et des céréales. Et ceci avec un habitat tantôt de schiste, tantôt de granit, couvert de lauzes, qui se confond dans l’environnement.
Ce fût le pays des Camisards. Les Huguenots des Cévennes portaient la chemise blanche la nuit en signe de reconnaissance d’où le nom "Camisard".
Mais l’Histoire des Cévennes a eu ses heures sanglantes lorsque larévocation de l’Edit de Nantes en 1685, provoque l’interdiction de pratiquer la religion "réformée".
Telles des bêtes traquées, pourchassées par les dragons du Maréchal de Villars, bergers, cardeurs de laine, ramasseurs de châtaignes, les gens du peuple prophétisent au monde "la liberté de conscience".
Le relief accidenté, les montagnes et les vallées impénétrables mais familières, sont des abris naturels où se tiennent des assemblées secrètes... Quelques noms de chefs camisards : Roland, Jean Cavalier, mais aussi de martyre : Marie Durand.
Ces guerres de religions ont inspiré de célèbres écrivains, tels que J.P Chabrol, André Chamson, J. Carrière, Michel Jeury, de cinéaste:René Allio et poète: Marcel Pagès, mais aussi de villageois comme le bourgeois Durand de Massane dans son "Livre de Raison". 
D'autres auteurs, amoureux des Cévennes, s'en sont inspirés tel Jean Ferrat dans une chanson qu'il intitula La Montagne

Saint-Germain-de-Calberte, chef lieu de canton, vous raconte son histoire
A Mialet, au Mas Soubeyran, le Musée du Désert retrace cette partie de l’Histoire des Cévennes.

Sur les versants : Châtaignier, majestueux et fier "L’arbre à pain du Cévenol".
Les châtaignes, assurèrent la subsistance quotidienne des montagnards: tout était utilisé. Les feuilles servaient de fourrage aux moutons et aux chèvres, de litière aux porcs... Le bois était employé à la fabrication des charpentes, meubles et tonneaux.Les châtaignes étaient tantôt séchées dans les "clèdes", consommées sous forme de soupe " le bajanot ", tantôt fraîches et grillées " l’affachado ".
Le châtaignier a régressé au profit du chêne vert, du pin maritime et en altitude du chêne blanc et du hêtre..
Quelques rares mûriers sont encore accrochés aux " bancels " (bandes de terrain aménagées sur sols pentus).

Autrefois très répandu, le mûrier, arbre importé d’Orient par les Croisés au XIII ème siècle, fit la prospérité des Cévennes. Il fût à ce titre surnommé " l’arbre d’or ".
Ses feuilles nourrissaient les chenilles voraces qui étaient entreposées dans des magnaneries. Après mutation des vers en cocons, accrochés sur des branches de bruyère, ils étaient alors dévidés de leur fil de soie. Dernière étape: le tissage...
Les fils synthétiques, la maladie du ver et l’abandon de la soie naturelle provoquèrent le déclin de la sériciculture cévenole. Le Musée de la Soieà St Hippolite du Fort et la Magnanerie de La Roque à Sainte-Croix-Vallée-Française retracent son épopée.
La bibliothèque municipale de Saint-Germain-de-Calberte a constitué un fond de livres historiques relatifs aux Cévennes. Ce sont des ouvrages de grande qualité à la disposition des personnes intéressées, et ce gratuitement.
Chaque sommet, chaque vallée a sa légende, comme celle du Loup du Gévaudan. Mais tout n’est pas que légende...

 

 

Le Mont-Lozère

 

Randonnée sur le Mont-Lozère © EICC

Randonnée sur le Mont-Lozère © EICC

Situé au Nord des hautes Cévennes, le Mont-Lozère est le plus haut sommet du Bien des Causses et des Cévennes en culminant à 1699 m d’altitude. Granitique, il a percé les schistes il y a 300 millions d’années et il est relié par un faisceau de filons micro-granitiques en arêtes à l’autre massif dominant du territoire, le Mont-Aigoual (1567 m). Il étire sa crête sur plus de 25 km au-dessus de 1400 m d’altitude abritant les plus hauts villages habités sous un climat montagnard.
Ses vastes étendues au relief émoussé sont parsemées de boules de granit façonnées par l’érosion et souvent réunies en chaos spectaculaires. De nombreux ruisseaux naissent sur le Mont-Lozère et alimentent des tourbières qui abritent une flore endémique précieuse. Les pelouses d’altitude et les landes sont favorables à l’élevage des bovins et constituent aussi un espace de transhumance recherché pour les ovins. Près de 20 000 brebis y passent encore l’estive sous le regard attentif des bergers car elles y trouvent herbe verte et fraîcheur l’été tandis que les basses vallées cévenoles sont asséchées. Autrefois, près de 100 000 brebis arrivaient toutes décorées de pompons et sonnailles lors de la fête de la transhumance depuis le Gard et l’Hérault.

Les Bondons - Mont-Lozère © EICC

Les Bondons – Mont-Lozère © EICC

Les hameaux construits en gros blocs de granit, parfois sans liant, offre une architecture particulièrement remarquable.
Les villages jadis habitués à vivre en autarcie en raison des rudes conditions climatiques ont conservé leur patrimoine communautaire : four à pain, métier à ferrer, fontaine et clocher de tourmente. Ce dernier avait entre autre pour fonction de guider les personnes égarées dans la tourmente l’hiver.
Ce petit patrimoine et l’activité agricole toujours présente sur le massif sont des éléments majeurs de la VUE (Valeur Universelle Exceptionnelle) reconnue par l’UNESCO lors de l’inscription des Causses et des Cévennes sur la Liste du patrimoine mondial.

 

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